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Voyager en Afrique et profiter du soleil, une aubaine ! Aubaine parce que des rencontres amicales m’ont menée au Cameroun alors que je fuyais la chaleur et que les pays du sud ne m’attiraient pas. |
Depuis plus de vingt ans, je voyage, je séjourne « là-bas », je découvre, j’apprends le monde ailleurs que dans les livres. Et cela me passionne !
Les émotions premières m’habitent aujourd’hui alors même que je circule sur des pistes qui n’existaient pas, alors que des enfants nombreux jouent dans des cours de récréation d‘écoles que nul n’imaginait, alors que des soignants accueillent les malades, alors que des villages désolés revivent.
Le chemin parcouru a été et demeure cheminement. Il s’agit que je dise vrai et renonce à conter merveilles même s’il me semble, par moments, que des miracles se seraient accomplis.
Imaginez que j’ai quitté une Alsace sous la neige la veille de noël 1987 pour atterrir dans la chaleur oppressante de Douala - l’ « enfer vert » aux dires des Européens - et me trouver, dès le lendemain, au cœur de la brousse camerounaise par 35° à l’ombre. Les lieux et la société m’étaient totalement inconnus : une case sans eau ni électricité, deux moellons sur lesquels poser ma valise mais un accueil en chants et en danses, une joie débordante qui désaltère, qui éclaire, qui meuble. Les petits enfants me fuyaient en hurlant tant ma peau blanche leur faisait peur mais ceux plus âgés ont, un à un et durant trois heures, récité une fable ou interprété une chanson. Compte tenu du poids de bagages autorisé et du nombre d’enfants, j’ai pu offrir à chacun un bonbon et un stylo à bille cependant que passaient dans ma tête les cadeaux qui constituent Noël en Occident…
La capacité de ces populations à se réjouir et à fêter contrastait avec leur dénuement. Je me suis lovée dans cet apparent bonheur et j’ai ri avec les femmes qui chantaient joyeusement devant ma case dès le lever du soleil, j’ai aussi rencontré les regards qui parlent pour en dire plus long que les mots. Naissance d’une relation enracinée au plus profond, de toujours à toujours.
Des mères se vivent abandonnées dans leur pauvreté aux côtés d’hommes qui désespèrent de l’avenir misérable de leurs enfants. AFRIQUE FUTURE naît, presque d’évidence.
Bernadette Escher